Je n’ai pas beaucoup de temps pour développer mes aventures, car j’écris d’un cybercafé hors de prix qui va bientôt fermer. Mais si j’attends d’avoir le temps j’aurai bien trop à raconter !
Je savais qu’il allait être difficile d’arriver à Djenné en un jour. J’ai néanmoins réussi à gagner la ville hier soir comme prévu, après un périple un peu… tendu ! Mais c’était prévisible, étant parti en routard avec un sac sur le dos, sans aucune réservation, et empruntant la route la plus courte mais sur laquelle n’opère aucune compagnie de transport.
L’histoire avait bien commencé : réveil à l’aube, départ au lever de soleil, arrivée à la gare à 7h15 pour prendre le bus de 8h… malheureusement ce dernier était parti à 7h ! J’ai donc gagné Djibasso dans une espèce de camionnette où on était entassés à 15 (plus 2 sur le toit), et surtout qui calait / tombait en panne à chaque montée.
Arrivé à Djibasso, ce fut une longue, très longue attente. On devait partir (en bâché, un camion avec des bancs quoi) à 13 ou 14h. Nous avons quitté la ville à 16h. Après trois ou quatre contrôles d’identité à la frontière (dont un qui semblait tourner à la “taxe” tout à fait illégale), me voici enfin au Mali ! Magnifique coucher du soleil, arrêt pour manger dans une petite ville sur la route. Puis on me dépose comme prévu au “carrefour de Djenné”, car la ville n’est pas sur la route principale qui va vers Mopti, et ce sont des bus ou taxis qui font la liaison entre le carrefour et Djenné (sur les 30 derniers km en fait). Malheureusement, il était 21h passé, j’étais donc tout à fait seul au carrefour. Et on exigeait donc 25 000 francs (35-40€) pour m’emmener à Djenné. Et là je flippe un peu, parce qu’il n’y a vraiment rien au carrefour, qu’il était très tard, que j’étais complétement dépendant de ces types, et qu’en quelques heures, j’avais pu me rendre compte que le Mali n’est pas le Burkina (où les gens sont généralement adorables et dignes de confiance). Et à un moment de la conversation, ces gens ont prononcé la phrase fatidique que j’avais en tête depuis un moment : “il n’y a rien ici, tu vas faire quoi ?”.
Bref, j’arrive finalement à négocier un transport en moto pour 7500 francs (11€). Le gars qui m’emmène semble avoir du mal à conduire la moto en question (une bonne moto néanmoins, heureusement). Il fait froid, j’ai mal partout de la journée de transport, et, il faut l’avouer, un peu peur que le type ne respecte pas le contrat et m’abandonne je ne sais où, alors que j’avai obtenu qu’on m’ammène à l’hotel. Par exemple il faut prendre un bac pour gagner Djenné, car la ville est entourrée d’eau. Mais en même temps, je roulais sous un ciel étoilé magnifique, le conducteur était un jeune très sympa, et j’allais arriver à Djenné comme prévu.
Arrivé au “bac”, il s’avère comme je m’en doutais que le bac ne fonctionnait plus (il était 22h), mais il y avait des pirogues. On ne pouvait pas mettre la moto dessus… Donc une fois encore, j’étais là, sur une pirogue, avec juste le bruit de la perche qui la poussait et le ciel sublime, me rendant à Djenné… et me demandant si on allait m’abandonner de l’autre côté du fleuve, ou bien respecter le contrat et m’emmener à la ville ! Il s’est avéré que ce fut bien la seconde possibilité qui est arrivée : de l’autre côté une autre moto m’a emmené à l’hotel, sans que j’aie à payer quelque chose de plus. Et la dernière difficulté fut passée sans problème : l’hotel était encore ouvert et avec de la place !
En fait, je suis passé de l’angoisse au paradis : chambre en dortoir de 4 personne, pas chère du tout… et dortoir vide ! Dans un hotel charmantissime, avec terrasse donnant sur la ville. Et surtout un lit où j’ai pu m’écrouler…
Aujourd’hui, j’ai pu découvrir cette petite ville magique. Elle m’a beaucoup fait penser à Jérusalem où je suis allé il y a deux ans, mais avec en plus le côté “ville – île entourrée d’eau”. Des petites ruelles dans le genre ville arabe, une mosquée sublime en terre, une ambiance “sacrée” – c’est une ville très importante pour les Musulmans au Mali. J’ai pu la visiter seul puis avec un guide – qui m’a d’ailleurs invité à manger et à prendre le thé ce soir. Elle est chargée d’histoire, mais aussi juste très belle. Je voulais vraiment y aller malgré les difficultés, et j’avais raison, cela valait vraiment le coup. Mais comme elle est quand même très petite, que j’en ai bien profité aujourd’hui et que j’ai beaucoup de choses à voir au Mali (et que les transports prennent du temps !) je la quitte demain pour Mopti, qui est elle aussi une ville de pêcheurs.
Je ne peux pas encore uploader mes photos, mais j’en ai pris des centaines !
Ouhaa !! voici encore une aventure bien haletante, qu’on dévore comme un roman…
Et maintenant on a envie de VOIR cette petite ville magique (entourée d’eau en afrique, ce n’est pas banal), mais on sait être patient…
En tout cas, tu nous offres ton regard de l’afrique avec beaucoup de ponctualité. Et ce regard est bien attachant. Merci !
Allez, pour la route (…et pour Marc et Yasmine qui se déchirent !) voici une petite photo qui nous vient des archives des grand-parents :
http://www.stoeffler.org/images/Quentin.1986.jpg
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Malgré les embûches tu t’en sors parfaitement bien n’oublies pas néanmoins de te protéger des moustiques hein ;o)
J’ai hâte de voir tes photos j’aurais adoré aller au Mali mais mes séjours etaient toujours trop courts pour faire le déplacement !
Il fallait nous dire que tu avais déjà une écharpe touareg, Quentin! :p
J’envisage de me rendre au Mali en octobre 2009. Merci pour les infos, une petite dérnière…peux-tu m’indiquer le nom de cet hôtel de Djenné qui a beaucoup de charme?
Merci et bonne route…
L’hotel s’appelait “Chez Baba”, et il était charmant – mais rappelons-le, pas forcément du plus haut standing ! (correct et très agréable, mais pas haut standing… et en plein centre-ville donc assez bruyant
).
Celui de Mopti l’était un peu plus, et répondait au doux nom de l’hotel “Ya pas d’problème”.
Très bon voyage au Mali ! Si vous avez besoin d’autres informations, n’hésitez pas !
C’est trés sympa de lire tes aventures… Pour info, pour mon voyage au Mali en 2008, j’ai séjourné à Djenné dans le nouvel hôtel “Dar salam” que je recommande pour son emplacement et l’espace. La vue sur le Bani et la ville de Djenné est magnifique. Je compte y retourner avec un crochet sur le Burkina…