Home sweet home (ou presque)

Me voici de retour au pays des hommes intègres.

N’en déplaise à Guillaume, je suis vraiment content d’être allé au pays dogon ! Les trois jours et trois nuits que j’y ai passées valaient vraiment le coup. Marche dans des paysages incroyables, visite de villages très jolis, nuit dans des « campements » : entre l’hôtel, la chambre d’hôte et le camping, des petites installations assez sommaires pour manger, prendre un verre et passer la nuit. Ce que j’ai essayé de faire sur le toit les deux derniers soirs, mais il y avait vraiment trop de vent, je suis allé me réfugier à l’intérieur !

Mon guide m’a très bien convenu. Pas qu’il ait été extraordinaire en soi, loin de là, mais il m’a concocté un parcours sur mesure, pas dans les villages les plus visités, pour me faire arriver à Bankass le dernier jour, d’où je pouvais rentrer facilement au Burkina. J’ai pu souvent être seul, et c’était parfois des gens des villages qui me les faisaient visiter eux-mêmes, ce qui m’a permis de discuter avec ceux-ci, de jouer au carte, de regarder les enfants « danser » (jouer, s’amuser, et en effet danser) sur la grande place, de boire du thé, etc. Et puis juste se balader dans et au pied de ces magnifiques falaises, et y dormir, c’était assez grandiose. Se promener dans les ruines des habitations troglodytes des Telems, des Pygmées qui vivaient ici avant l’arrivée des Dogons… etc.

Très touristique ? Oui, bien sûr. Dans le sens où il y a des campements dans les villages, où on y vend pas mal d’objets d’art, où les enfants demandent des cadeaux, des bonbons et des bidons (bouteilles vides d’eau minérale) à moitié en français. Mais à part ça je n’ai pas croisé des tas de Français (car la plupart des touristes sont Français, ce qui est un peu différent du Burkina où les « Blancs » viennent d’un peu partout et travaillent plus souvent pour le pays qu’ils ne le visitent en touristes). A part dans un ou deux des villages (sur peut-être 7 ou 8 traversés) qui étaient plus gros et un peu plus touristiques justement.

Le retour au Burkina s’est bien passé, mais a encore été un peu épique. De la gare des taxis brousse de Bankass, je prends une voiture jusqu’à Ouhigouya. Mais arrivés à Koro, les Maliens de la gare routière font descendre tout le monde, parce que notre chauffeur était un Burkinabè qui ramenait une voiture particulière, donc ce n’était pas à lui de transporter ces gens. Ils ont failli me faire descendre, mais j’ai du avoir un traitement de faveur de Blanc et suis resté – de toute façon je ne serais pas descendu ! Bref, ils ont taxé 10 000 francs (15€, à peu près ce qu’il avait fait payer aux 4 personnes descendues) et ont rallongé inutilement le trajet des passagers, qui ont du prendre un taxi brousse probablement en moins bon état que la 4×4 dans laquelle on était.

Mon chauffeur, un jeune petit Burkinabè qui ne faisait pas trop le poids face à ces vieux et gros Maliens qui dictaient la loi à Koro, a passé ensuite une demi-heure à pester contre les gens du Mali, et je me suis joint à lui. Ça me rappelait une phrase de Louis, qu’il avait dit très sérieusement à propos de ses 2 ans au Cameroun : « ça m’a fait me rendre compte qu’on avait certaines valeurs au Burkina ». Et s’il y a des Maliens adorables (j’en ai rencontrés, même dans les endroits touristiques où j’étais), c’est vrai que d’une manière générale, il y a eu des « embrouilles » presque tous les jours. C’est en partie parce que tourisme et pauvreté ne font pas bon ménage. Mais ce n’est pas juste ça, comme le montre l’exemple de mon chauffeur Burkinabè.

D’ailleurs il y a plein de douanes intérieures au Mali, de contrôles (et de racket, auquel j’ai pu éviter probablement parce que je suis Français et que mes papiers étaient (presque) en règle). Au Burkina, rien de tout ça.

Bref, c’est avec un très grand plaisir que je suis arrivé à Ouhigouya comme prévu mercredi soir. C’est la troisième ville du pays – et c’est difficile à croire. En tout cas, j’ai beaucoup apprécié la ville et l’ai trouvée très agréable : assez grande pour proposer des « services » qu’on ne trouve pas à Nouna, Dori ou Dédougou (une piscine où j’ai encore retrouvé mon âme de touriste ordinaire, un cinéma qui fonctionne et où j’ai pu savourer un film Bollywoodien très drôle et un public Burkinabè très enthousiaste). Pour autant, on y retrouve l’ambiance détendue des petites villes – pas celle de Ouaga où les vendeurs sont un peu collants. J’ai pu me faire indiquer la route et plein d’autres services très gentiment et sans qu’on me demande de l’argent pour rien. Les seuls gens un peu désagréables / pénibles que j’ai rencontrés étaient… des Maliens ! Mais non, je n’ai rien contre ce peuple en général, évidemment. C’est juste que l’attitude de certains d’entre eux confirme mon coup de cœur pour le Burkina, certes beaucoup moins joli, que ça soit les villes ou les paysages (à part peut-être le sud où je ne suis pas allé), mais où l’atmosphère est tellement plus agréable, et la plupart des gens tellement gentils… et finalement c’est le principal. Cinq mois au Burkina et une semaine au Mali c’est le parfait dosage !

Le trajet d’hier (jeudi) pour retourner à Nouna était encore un peu drôle. Le bus qui devait m’emmener à Dédougou était en très mauvais état, la piste aussi. Il était surtout en retard, ce qui fait que j’ai failli louper ma « correspondance » à Dédougou – j’avais quand même dormi à Ouhigouya justement pour ne pas avoir à passer la nuit à Dédougou ! Arrivé à la gare routière, un jeune me dit que le bus pour Nouna (le dernier) vient de partir il y a seulement trois minutes. Mais, super réactif, il me dit que ce n’est pas grave, on va le rattraper en moto ! La course sera de 1000 francs (1,5€)… On part en vitesse et… on attrape justement le bus pile avant qu’il sorte de la station essence ! Je peux prendre place et continuer à Nouna, dans un mini-bus bondé, assez sur un siège dans l’allée du milieu avec mes bagages sur les genoux. Le chauffeur ne s’embarrassait pas avec la pédale du frein, et, comme les chèvres sont particulièrement bêtes et décident de traverser en courant juste quand un véhicule passe (ce qui n’est pas si fréquent), nous en avons percuté – sans freiner, donc. La fille derrière le conducteur semblait aussi choquée / inquiète / hallucinée / légèrement amusée malgré tout que moi. Juste avant, on avait croisé un taxi-brousse ou petit camion renversé sur le bas-côté. Mes les gens étaient assis dessus, souriant, et nous ont fait coucou quand on est passé à côté !

J’ai donc pu retrouver ma petite ville et mon travail jeudi soir comme prévu. Pour une petite semaine encore seulement…

Voici quelques photos. Dur de sélectionner parmi toutes celles que j’ai ! J’essaye de poster celles qui sont un peu représentatives de ce que j’ai pu voir et faire.

 Mon bâché à Djibasso, partant au Mali :

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La fameuse mosquée de Djenné en terre :

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Devant Djenné :

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 Les rues de la ville : 

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Encore des barques (si vous saviez combien j’en ai prises, à Djenné et Mopti… mais elles sont fascinantes) :

p1030865 Les vieux bâtiments de Djenné :

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Le genre de noms que prennent les taxi-brousses :

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Toujours Djenné et ses magnifiques bâtiments :

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Et ses moins magnifiques maisons, mais qui donnent aussi une ambiance de Médina, très charmante, à l’ensemble de la cité :

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Les joueurs de foot se préparant – malgré le tourisme (c’est-à-dire les trois groupes de Blancs que j’ai croisés, très réduits, sauf un), on n’a absolument pas l’impression de ville musée. L’essentiel de l’activité et de l’économie sont bien ailleurs :

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Derrière la ville, qui utilise les ordures comme digue /comme polder pour s’étendre. Oui, ça se voit assez bien, et aussi à Mopti, Anne ! Il y a même des pancartes pour dire aux gens de ne pas le jeter n’importe où, je la posterai plus tard si j’y pense. Et je crois que ça pose de sérieux problèmes d’insalubrité, à Djenné en tout cas.

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La grande animation du port de Mopti maintenant : 

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La grande mosquée de Mopti, aussi en terre, récemment rénovée… un peu moins belle que celle de Djenné, même si la photo est plus jolie. 

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Je pense que ça sera tout pour ce soir, mais je continue d’uploader les photos petit à petit !

3 réponses à Home sweet home (ou presque)

  1. c’est superbe et heureusement que tu as fait ce petit périple!
    eh oui, les peuples africains sont bien différents ssur des tas de points, et effectivement pas seulement à cause de la pauvreté; les organisations sociales diffèrent aussi ( rapport à la richesse; rapport hommes/femmes; histoire et esclavage etc…).Je pense que tout cela se ressent aujourd’hui dans la façon d’être avec les blancs ou autres africains!
    la vie au sénégal est très différente aussi de ce que tu décris au BF.
    Tu as été équipé à temps pour les photos!

  2. Tout est passionnant dans cet article : les photos et les aventures.

    L’épisode du bus raté puis rattrapé en moto m’a fait éclater de rire ! On se serait cru dans une aventure de Tintin !
    “Quentin en Afrique…” voici un titre évoquateur pour tout ce que tu as vécu là-bas !

    Et les photos !!! digne d’un reporter ! les barques m’ont séduit, mais l’ensemble conte ton voyage et c’est bien agréable de “lire” ces images !

    Et dire que ça va se terminer ! Je sens que je vais garder moi-même une nostalgie de ces mois africains vécus par procuration…

    Merci !

  3. La Mosquée et les barques sont très belles et tes photos leur rendent justice !

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