Seven

Une fois n’est pas coutume, je cède aux pressions de la blogosphère (la coupable en question étant plus précisément Marie-Amélie à retrouvez la geekette sur http://ykio.wordpress.com ). Le concept de Seven étant de dire 7 choses sur soi, je vais tâcher de trouver 7 choses sur « moi au Burkina » que vous ne savez pas encore…

1) Je parle de plus en plus le français du Burkina. Certains d’entre vous auront peut-être remarqué la prolifération de « bon » en début de mes phrases, même à l’écrit. Pourtant j’essaye de ne pas trop le faire, parce que je n’aime pas vraiment l’idée d’adopter les formulations d’ici comme un perroquet. Mais l’effet de mimétisme est puissant ! Ce qui fait qu’à mon avis, plongé à nouveau dans le bain linguistique parisien, je perdrai bien vite mon « français burkinabè ». Pour le meilleur et pour le pire !

2) Cependant, en dépit du bain linguistique (très relatif, mes amis parlant tous français), mon dioula ne progresse pas vraiment. Je ne suis pas doué, j’ai besoin de cours et de règles de grammaires précises, je n’ai pas le temps, et tout et tout et tout. Mais malgré tout, quand je suis allé à Dori récemment, où on parle foufouldé, j’ai été très frustré de ne pas pouvoir dire un mot, ni comprendre les formules de salutation. Je me suis rendu compte que c’était déjà pas mal de pouvoir échanger quelques informations mêmes basiques. Quelques exemples : dans les formules de salutation, on demande souvent comment va la femme (après avoir demandé comment va la famille, et avant de demander comment vont les enfants). Maintenant je réponds « ça va » (ou « elle est là »). Souvent on insiste : « muso BE ? » (« il y a une femme ? » soit à peu près :  « tu es marié ? »), et je peux répondre « oui oui, il y a une femme ». Et j’arrive même à répondre quand on me demande ensuite (pour rire ?) si j’ai une ou deux femmes. Mais mon niveau de dioula ne me permet quand même pas de dire que j’ai une copine mais ne suis pas marié. Je ne suis pas certain que ce soit d’ailleurs possible de le dire, en dioula !

3) Je ne me fais pas draguer par les femmes Burkinabè, contrairement à toutes mes amies filles qui ont du mal à parler à un homme sans se faire demander leur numéro de téléphone (demande ayant un but très précis). En revanche, en ce qui me concerne ainsi que mes amis garçons, les filles au Burkina sont beaucoup moins entreprenantes (ce dont je suis loin de me plaindre, hein !). Cela a même donné lieu à des scènes un peu drôles : j’avais rencontré une étudiante ouagalaise nommée Korotimi lors d’un trajet en bus Ouaga – Nouna (en 9h de trajet, on avait eu le temps de pas mal discuter…). Presque arrivée à destination (Dédougou pour elle, la grande ville juste avant Nouna), elle me demande mon numéro de téléphone, pour qu’on garde contact. Et alors que je commence à lui donner, elle me dit, très gênée, que c’était mon adresse mail qu’elle me demandait plutôt ! Depuis on échange pas mal de mails (et aucun coup de fil !).

4) En revanche, les hommes passent leur temps à me demander mon numéro de téléphone, même si je leur ai parlé trois minutes. La plupart du temps, c’est… pour garder contact, etc.. Si je veux me rendre à Dédougou, Ouaga, Bobo, et d’autres endroits encore, j’ai un toit où dormir ! Pour d’autres, c’est dans le but d’avoir un « correspondant » en Europe, dans la vague idée que ça pourrait leur servir s’ils émigraient, ou quelque chose comme ça. Mais le plus souvent, c’est moins précis que cela, ils sont juste contents d’avoir mon numéro de téléphone, et n’appellent à peu près jamais.

5) Toujours sur le thème téléphonique : les communications (nationales, par portable) sont hors de prix ! Et comme je suis bavard (parfois), je me ruine. D’ailleurs, les Burkinabè fonctionnent surtout aux textos (avec les pires abréviations possibles, même pour des sms de cinq mots). Et bipent beaucoup ! Du coup, skype c’est quand même bien : j’ai même réussi à téléphoner avec Thierno à Dakar par ce moyen. Avec la webcam, il a même pu me prouver qu’il était en train de faire une lessive – genre de chose dont les hommes du Burkina (et du Sénégal visiblement) sont particulièrement fiers… car pas habitués !

6) Je ne vaux pas forcément mieux que les Burkinabè à ce niveau là, bien habitué à faire marcher la machine à laver ! A Ouaga, nous avions une femme qui faisait le ménage et lavait les vêtements ; à Nouna, notre gardien s’en chargeait pour pas grand-chose. Mais depuis deux mois – et j’en suis fier ! :-p – je fais toutes mes lessives moi-même. Bon, du coup j’ai un peu de mal à faire bien partir le rouge qui imprègne tous mes habits (à cause de la poussière)… Je ne serai donc pas fâché de retrouver une machine à laver à mon retour !

7) Celui-ci approche, et cela me rend un peu triste. Je suis évidemment très content de retrouver toutes les personnes que j’ai laissées en quittant la France. Pour à peu près tout le reste (à quelques rares exceptions près), je ne suis pas très heureux de rentrer. Mais c’est la vie, alors je vais tâcher de profiter de ces trois dernières semaines, puis de profiter à fond des retrouvailles à partir du 18 févier !

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3 réponses à “Seven

  1. Oui oui c’est toujours un peu triste de quitter un endroit ou l’on a passé de bons moments .
    Et puis l’afrique est très acceuillante . les gens sont naturels , et les contacts sont très faciles ,
    même si parfois c’est un peu trop . De plus c’est
    la vie dans la nature . pas trépidente comme à la grande ville .Mais tu fais là une provision de souvenirs qui te resterons longtemps et de quoi
    raconter pour un moment . Et ça fait tellement de bien de connaitre un autre mode de vie que le
    notre , une autre conception .
    Tu risque une petite deception en retrouvant la
    routine de la vie courante , mais ça passera avec
    les occupations et le temps .

    Alors courage et fini bien ton séjour !!

  2. Merci pour ces sept petits morceaux de toi, dans ce billet un peu téléphoné (:D)!
    Garde bien les numéros pour pouvoir Skyper depuis la France!

  3. Ne sois pas triste, tu auras vécu une expérience inoubliable c’est surtout ca que tu vas conserver au fond de toi ;o)

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